OAKLAND BLUES
de
 Michelle Vignes (Photographies)
Francis Hofstein (Texte)

1989

Oakland Blues


Le blues échappe bien sûr à la photographie, qui le saisit alors, mains qui courent sur les cordes d'une guitare, les touches d'un piano, le métal d'un saxophone, le comptoir d'un bar ou l'impalpable de l'air, dans le corps d'un musicien, l'attitude d'une chanteuse, le geste d'un danseur ou le regard d'un spectateur. Ainsi trame-t-il les images prises à Oakland, volatil et essentiel, éthéré et poignant, pétri d'âme et collant à la peau, sans cesser de rappeler qu'il est né sur les terres fertiles du sud de l'Amérique du Nord de la rencontre douloureuse entre les cultures africaines et européennes. Là, il s'est formé en même temps que les esclaves noirs qui l'inventaient se forgeaient péniblement une existence dont il est devenu comme un symbole.